Vous n’aimez pas tellement la vitesse. Vous n’avez jamais
mis les pieds dans un parc d’attractions, vous respectez scrupuleusement le
code de la route et les jeux nécessitant de la rapidité vous ont toujours
fatigué. Ainsi, vous aimez promener votre chien en forêt, lire votre journal en
prenant votre café (une goutte de lait, un sucre) et rendre visite aux
personnes malades de votre quartier. Toujours à pied.
Sur le papier, vous n’êtes donc pas du tout le genre d’homme
à aimer The Shield. Vous n’aviez jamais entendu parler de cette série avant de
vous intéresser au synopsis, qui a attiré l’amateur de cop shows que vous êtes.
Vous vous attendiez davantage à une forme très stylisée, un peu dans la veine
d’un Johnnie To, par exemple. Vous vous êtes mis le doigt dans l’œil, à vrai
dire, mais la déception passée, vous avez fini la première saison enchanté.
Et pourtant, tout va très vite, parfois même un peu trop.
Vous soupçonnez d’ailleurs les monteurs d’être volontairement sous l’emprise de
drogues brouillant leur linéarité temporelle. Vous n’aviez pas de chronomètre
en main devant la télévision, mais vous jurez qu’aucun plan ne dure plus de
quatre secondes. Les champs-contrechamps s’enchainent, le cadre remue
inlassablement, ce qui tend à rendre l’action interminable, sans
possibilité de lui offrir une vraie fin.
Vous avez donc enchainé avec la deuxième saison, puis les
suivantes. Si vous n’avez pas été convaincu par toutes les intrigues, vous avez
été saisi par le souffle de l’ensemble, jusqu’à ne pas pouvoir vous lever de
votre canapé à l’orée des season finales. La série vous a rendu Vic Mackey
sympathique, et ce n’est finalement pas le moindre des exploits.
Vous n’aimez pas tellement la vitesse, mais vous avez adoré
The Shield. Les cases sont faites pour être brisées.

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