S’il y a bien une chose à laquelle vous ne croyez plus du
tout, c’est la résolution du conflit israélo-palestinien. Il y a plusieurs
années, vous vous y êtes plongé à l’occasion d’un documentaire, diffusé sur une
chaine du câble, qui réexpliquait avec force détails toutes les étapes de cette
rivalité. Vous croyez avoir compris, mais êtes bien en peine de distinguer les
good guys des bad guys.
Tenace, vous vous êtes intéressé aux livres traitant du
sujet en tenant compte de l’identité des auteurs, leurs vécus et leurs probables
inclinations pour un camp ou pour l’autre. Les éditeurs rechignant à les
décrire avec exhaustivité, vous vous êtes souvent cogné contre le mur de la
transparence, mais n’y avez pas renoncé pour autant. Après recoupements, vous
avez retenu une poignée de livres susceptibles d’être objectifs, ou au moins de
minimiser le point de vue personnel de l’auteur – inhérent à toute enquête de
terrain. Vous les avez lus, consciencieusement. Véritables mines d’or
historique, ils n’ont pas su vous faire prendre position pour l’un ou l’autre
camp.
Las ! Vous vous êtes alors tournés vers des
associations, des groupes de sympathie, des mouvements organisant des
conférences, des colloques et des journées de réflexion. Vous avez fait dix
fois le tour de la ville et découvert plusieurs bâtiments auxquelles vous
n’aviez jamais prêté attention. Vous avez rencontré des intellectuels, des
curieux et quelques gros cons. Vous avez rarement regretté avoir faire l’effort
de vous déplacer.
Vous en êtes resté là, avec vos certitudes et vos doutes.
Votre côté manichéen s’en agace, mais la situation demeure trop complexe pour
apposer un simple modèle noir/blanc dessus. C’est en commençant, tout
dernièrement, la série télévisée Dexter que votre conclusion a pris tout son
sens.
Et là, votre côté manichéen vous fait franchement la gueule.

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