mardi 22 mai 2012

Girls and the City


A la télévision, Sex and the City a été votre premier coup de cœur – c’était quand même autre chose qu’Hélène et les garçons sans cerveau. Vous avez découvert la série peu de temps après votre premier rapport sexuel, ce qui a sans doute contribué à vous identifier à ces quatre filles. Carrie, Samantha, Miranda et… et… vous ne vous rappelez jamais de la quatrième. Oui, Charlotte, c’est ça. Le personnage qui vous ressemble le moins, ce n’est sûrement pas un hasard.

Vous en avez parlé autour de vous, sans grand succès. Le 20ème siècle venait de s’achever, et avec lui une cohorte de productions télévisuelles peu reluisantes. Votre entourage n’avait manifestement pas très envie de regarder une version sexualisée des Feux de l’amour. En dépit de vos arguments (le petit côté Nouvelle Vague avec le regard caméra, la qualité des dialogues, la sensibilité émanant de chaque scène conclusive, parmi quelques autres), vous n’avez pas été écoutée. 

Le temps a passé, vos hobbys ont changé. Vous n’êtes plus la même qu’il y a dix ans, aucun doute là-dessus, mais vous gardez une grande affection pour Sex and the City. Jusqu’à ne pas pouvoir vous empêcher d’aller voir le premier film, d’où vous êtes ressortie relativement déçue. Vous avez tout de même pleuré à la fin, parce que la tendresse que vous aviez eue pour ces quatre filles persistait malgré l’âge.

Récemment, votre nièce a retenu toute votre attention en évoquant la nouvelle série Girls, qui raconte le quotidien de quatre jeunes new-yorkaises. "Ca parle beaucoup de sexe", a-t-elle senti le besoin de préciser. Très curieuse sur la valeur de cette nouvelle production, vous vous êtes résolue à aller la voir de plus près. Certaines relations sont manifestes, vous les avez remarquées au premier coup d’œil. Mais ce qui vous a d’abord frappé, c’est la photographie très sombre de l’ensemble, à l’opposé de la luminosité patente de Sex and the City.

Durant ce pilote, vous n’avez évidemment pas raté la référence explicite à Carrie et ses copines, et apprécié l’angle sous lequel l’auteur avait choisi de se placer.



D’abord, c’est un poster du film, ce qui questionne la nature même de la série (objet clos ou sans fin ?). Ensuite, le cadre n’englobe pas la totalité du poster, ce qui laisse à penser que si elle revendique la référence un peu lourde, l’auteur ne compte pas pour autant réécrire un nouveau Sex and the City. Ce sera autre chose, qui traitera peut-être des mêmes thèmes mais pas de la même façon, pour la simple et bonne raison que les personnages n’ont pas le même âge et qu’elles n’ont pas la même situation sociale. 

Finalement, vous avez bien aimé le pilote. Votre nièce vous a demandé votre avis. Vous lui avez seulement demandé si elle disposait des épisodes suivants.

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